home

envoyé le 010130 à
nardisson@mairie-marseille.fr
coordinateur@college-invisible.org


Le collège invisible
Pour la constitution d'une pratique à distance...

Si je tiens à participer à ce projet collectif en réseau, c'est avant tout pour le nouvel espace d'expérimentation qu'il ouvre aux questions motrices de mon travail.

Comment un groupe d'individus peut-il parvenir à produire à distance?
Comment une oeuvre peut-elle exister ailleurs (là où on n'est pas, ou pas encore, ou déjà plus)

Quelle empreinte laisse la structure informationnelle sur les données échangées?

On connaît dejà les enjeux des collaborations en réseau chez les entreprises de pointe qui éclatent les équipes de collaborateurs aux quatres coins du globe pour rentabiliser les savoir-faire.
La suppression des rencontres, dans certaines conditions, évitent le stress dû à la présence physique.
Camouflés, les égos se déchargent et les esprits peuvent librement se concentrer sur la résolution de problèmes précis.

Comment s'équilibrent efficacité et justesse pour un art en réseau?



Il est désormais très difficile de se poser hors de tout cercle informatif.
En réseau, nos identités sont des profils, constituent des bases de données qui s'échangent et se chiffrent.

Je ne suis plus jamais invisible, j'existe en permanence, je suis, disons, localisé sous une forme ou une autre.
Quels sont alors les moyens qui me restent pour me perdre, situation vitale, me méprendre malgré les assistants, oublier et momentanément disparaître de la toile?

On veut tous de l'information plus rapide, fiable, accessible, souple.
On est rapide, fiable, accessible et souple.
Avec l'information, il est essentiellement question de réduction de l'incertitude, de réussite.

Quelle dose de réussite suis-je capable d'ingérer?

Que reste-t-il d'une oeuvre qui n'échoue pas?
Que reste-t-il si rien ne touche le fond?
Comment encore échouer?


Mon travail oscille aujourd'hui entre une pratique quotidienne des technologies de l'information et un archaïsme sur pilotis ficelé d'expériences physiques et intimes de l'environnement quotidien.
C'est une recherche qui pose le problème de l'apparition de l'objet dans l'habitude.
Je réalise en secret des actions lentes et immédiatement dificilement identifiables, la plupart du temps sans le moindre feedback du public. Ces formes dans la mémoire, craignent la définition et le spectacle.

C'est pour moi une chance énorme d'être en mesure de réaliser mes projets dans un champs où les expériences intimes peuvent circuler en continu sans avoir à s'imposer ponctuellement.

Dans ce collège, l'expérimentation des limites du réseau , la mise à l'épreuve du système d'échange me paraît être une piste inévitable et passionante.
Quelles sont mes chances dans une compétition avec le réseau?
Serai-je assez rapide pour défier les machines à leur propre jeu?

Dans ce combat à mains nues, il n'est absoluement pas question de prouver l'obsollescence d'une des deux parties (l'humain ou la machine), mais plutôt de définir les zones de compatibilité, les phases d'adaptation, les mouvements de conditionnement, les nouveaux outils qui s'en dégagent, et ce, dans une pratique d'atelier.

Encore un pivot, les formes de l'atelier.
Je ne peux pas travailler sans atelier, alors il s'adapte aux rythmes, aux contextes de ma pratique.
Ici, c'est une situation inédite qui est offerte, un atelier collectif où l'on arpente du temps, puisque l'espace est cette fois-ci fuyant.

J'espère que ces quelques lignes vous donnent un aperçu du désir avec lequel j'aborde ce projet

Dosier HTML à cette adresse:

http://slow.free.fr/invisible/

Amicalement,
Fabrice Gallis

top home